16 mai 2006

Le manège.

Oh mon amour, je ne t'ai pas menti vraiment. Tu sais comment c'est, de jouer avec la chance, tu sais comment j'essaie de refouler le pantin que je suis. Côté pile, côté vie, face inexpliquée d'émotions versatiles, un monde auquel tu n'avais pas accès, coups de folies nuits de délires quand tout mon corps glissait, se vidait d'imprimés d'existences, de bouts à reconstruire au vrac des semaines des années. Moins que fière et presque honteuse de l'entièreté qu'il y avait d'être, de l'absolu d'un caractère sans qualités ni défauts, compensés chacun par l'équilibre né de se montrer en tout. Je te protège, je nous protégeais tous les deux, il faut être amoureux en se laissant les artifices des moments sans surprises. Il faut à l'amour les secrets, à l'envie l'inaccessible, l'inatteignable de nos semi vérités, ne pas s'aventurer aux frontières du mensonge, mais la magie de fermer les yeux sans encore te connaître par coeur, pour être heureuse je ne nous aurais jamais voulus devins. Il n'y a que le rêve ou l'imagination, où l'on a tout donné, il n'y a plus rien que nos habitudes qui s'affrontent, se reconnaissent et s'accordent, s'entrechoquent à nouveau aux horaires éternels de deux présences à concilier. Trouver aux réveils la même couleur aux matins qui se lèvent, la même odeur par les fenêtres ouvertes, les mêmes rituels aux petits déjeuners, un sucre ou un demi, ton thé, folie douce d'être certaine de la fin de ce que tu commences avant que tu ne l'aies achevé. A la sécurité de l'exactitude de deux caractères je crois que je les préfère opposés, que je lui préfère la peur d'un temps plus gris de mots moins beaux, je préfère ne pas savoir autant tes gestes ne pas te savoir trop, je vis pile je prendrais face, quand ma liberté me manquera d'être ce qu'avec toi je retiens.Par passion, par lâcheté, pour l'approbation d'un regard, parce que j'ai le temps d'apprivoiser les gens avant que tout n'éclate. Le temps avant de dire ras le bol à ton énervement, ou à celui d'un autre, la patience de me disputer en respectant la procédure et l'ordre de ces non-conversations.Et puis face, quand je ne prendrais plus la peine, j'espère que tu comprends que j'ai des ressources à la pelle, qu'il me manque des leçons. Qu'avant le quotidien douceur d'être soi il me faut les échecs que tu ne sais pas laisser.

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